Le transfert du mal
Passer la maladie à un arbre, à un animal, à un objet que l'on abandonne. La structure la plus répandue de la médecine populaire.
| Type | Secret de guérisseur |
|---|---|
| Aire | Europe entière |
| Période | Antiquité au XXe siècle |
| Attestation | Pline, Histoire naturelle ; John Aubrey ; Sébillot ; arbres à clous et à loques encore visibles |
L'idée est constante : le mal est une chose qui peut changer de porteur. On le fait passer dans un arbre fendu par lequel on passe l'enfant, dans un clou planté, dans un linge accroché à une branche, dans un animal qu'on relâche ou qu'on enterre.
Les traces matérielles existent et sont datables : arbres à clous, arbres à loques auprès des fontaines, dépôts votifs. Plusieurs sont encore visibles en Belgique, en Bretagne et en Irlande.
Le dispositif suppose que quelqu'un d'autre ramassera le mal — celui qui touchera le linge, celui qui trouvera la pièce. La pratique fabrique donc sa propre malveillance, et les recueils folkloriques enregistrent les précautions prises pour ne rien ramasser.