La bibliomancie
Ouvrir un livre au hasard et lire : la divination la plus simple, et la seule que l'Église ait pratiquée en se la reprochant.
| Type | Pratique divinatoire |
|---|---|
| Aire | Monde romain, puis chrétien et musulman |
| Période | Antiquité à nos jours |
| Attestation | Sortes Vergilianae ; sortes sanctorum condamnées par le concile de Vannes (465) ; récit de la conversion d'Augustin, Confessions VIII |
On ouvre Virgile, Homère, la Bible ou le Coran au hasard, on pose le doigt, on lit, et l'on rapporte le passage à sa question. Les sortes Vergilianae sont attestées dans l'Empire romain ; les sortes sanctorum, avec la Bible, leur succèdent si bien que les conciles doivent les interdire — signe qu'elles se pratiquaient dans l'Église même.
Le texte fondateur de la tradition chrétienne en fournit lui-même un exemple : Augustin, au moment de sa conversion, entend une voix d'enfant qui chante « prends et lis », ouvre les Épîtres et tombe sur le passage qui décide de sa vie. Il le raconte sans en faire une divination, ce qui montre bien toute l'ambiguïté du procédé.
Sa mécanique intéresse : un texte assez riche fournit toujours de quoi répondre, et c'est le lecteur qui fait le travail d'interprétation.