Le charme, ou carmen
La forme la plus répandue et la plus modeste : quelques vers dits à voix basse, souvent chrétiens en surface.
| Type | Charme et formule |
|---|---|
| Aire | Europe, aire latine et germanique |
| Période | Antiquité romaine au XXe siècle |
| Attestation | Charmes de Mersebourg (manuscrit du Xe siècle) ; recueils de Sébillot et de Van Gennep |
Le mot latin carmen signifie à la fois chant, vers et formule magique : les trois ne se distinguaient pas. Le charme est court, rythmé, souvent rimé — la forme versifiée aide à la mémoire et garantit qu'on ne change pas un mot, ce qui compte plus que le sens.
Sa structure la plus fréquente est narrative : on raconte un précédent — un saint, le Christ, un personnage rencontrant le mal et le chassant — puis on demande que la même chose se produise ici. Les deux charmes de Mersebourg, en vieux haut-allemand, sont bâtis exactement ainsi ; ils sont païens, et la même structure se retrouve intacte dans des charmes chrétiens six siècles plus tard.
Le charme européen est presque toujours thérapeutique : arrêter le sang, calmer une brûlure, réduire une entorse. C'est le domaine où il a survécu le plus longtemps, jusqu'aux « secrets » des campagnes du XXe siècle.