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Personnage

Jeanne Favret-Saada

Elle a enquêté sur la sorcellerie dans le Bocage en acceptant d'y être prise. Le livre qui en sort a changé la discipline.

Traditions du monde

DatesNée en 1934
QualitéEthnologue
Aire Bocage mayennais

Les mots, la mort, les sorts (1977) part d'un constat : tant qu'elle reste extérieure, l'ethnologue n'obtient que des dénégations. Personne ne parle de sorcellerie à quelqu'un qui n'y est pas pris.

Elle accepte donc d'occuper une place dans le dispositif — celle de « désorcelée », puis de désorceleuse — et décrit de l'intérieur un système où la parole est un acte : dire qu'on est ensorcelé, c'est déjà entrer dans la guerre. Rien n'y relève de la croyance au sens où l'entendent ceux qui n'y sont pas.

La méthode a fait école bien au-delà du sujet. Elle est aussi la raison pour laquelle ce fonds décrit des pratiques sans les prescrire : ce qui circule dans ces affaires, ce sont des mots et des positions, pas des recettes.