La tablette de défixion
Une feuille de plomb inscrite, pliée, clouée, jetée dans une tombe ou une source : le maléfice antique le mieux documenté.
| Type | Maléfice |
|---|---|
| Aire | Monde grec et romain, de la Sicile à la Bretagne |
| Période | Ve siècle avant notre ère au IVe siècle de notre ère |
| Attestation | Plus de mille six cents tablettes retrouvées ; corpus d'Audollent (1904) ; dépôt de Bath, fouillé dans les années 1970 |
La defixio est le seul maléfice antique dont il nous reste les objets, en quantité. Le procédé est stable : on inscrit sur une lamelle de plomb le nom de la cible et ce qu'on lui souhaite, on plie la lamelle, souvent on la transperce d'un clou, et on la dépose dans un lieu de contact avec le monde d'en bas — tombe récente, puits, source.
Les motifs sont d'une banalité frappante : procès à gagner, course de chars, rivalité amoureuse, vol à réparer. Les tablettes de la source de Sulis à Bath, en Angleterre, sont pour l'essentiel des plaintes pour vol d'objets aux thermes — un manteau, des gants — adressées à la déesse pour qu'elle punisse le coupable inconnu.
Elles ont une valeur documentaire rare : ce sont des textes écrits par des gens ordinaires, souvent en latin populaire, qui disent leurs conflits sans passer par la littérature.